Les projets

Développer la polyculture et l’élevage sur la ferme est toujours le projet de développement de Patrice et Marion.
En effet, développer la culture d’autres familles de plantes (type céréales et prairie) permet d’enrichir le sol. L’élevage permet à la fois d’utiliser les produits non consommés sur la ferme (restes pour les poules par exemple) mais aussi de produire de l’engrais.
C’est un cercle vertueux qui se met en place, au plan écologique (on produit sur place ce dont on a besoin, on enrichit la terre de manière équilibrée) mais aussi économique (plus besoin d’acheter ce qu’on produit sur place).
Le modèle devient celui d’une production entièrement locale, soutenable et pensée dans la durée.

Les projets :

A long terme :
- fruits : des arbres sont plantés mais il faut attendre qu’ils donnent

A moyen terme :
- production de tournesols avec possibilité d’avoir de l’huile
- production de farine et de pain.

A court terme :
- élevage de poulets pour l’alimentation

En cours :

Les œufs : mise en place – saison 2013

1 – Les races de poules pondeuses en France :
Qu’il s’agisse d’élevages bio ou non, l’immense majorité des éleveurs de poules pondeuses travaille avec des poules hybrides.
Ces poules sont sélectionnées selon deux critères : productivité en œufs et sobriété sur le plan alimentaire.
C’est une poule de batterie qui pond plus de 300 œufs par an en mangeant peu et en supportant des conditions de claustration.
C’est prodigieux. Mais qu’est-ce que cela implique ?

  • la destruction des mâles à la naissance (par broyage).
    En effet, les volailles d’autrefois étaient à deux fins : les poules pondaient et finissaient dans la marmite, les mâles étaient élevés pour leur chair. On cherchait donc des poules bien lourdes, bonnes mères, bonnes pondeuses, autant de qualités recherchées dans un élevage fermier. Dans le cas des poules hybrides, uniquement sélectionnées pour la ponte, le mâle est éliminé d’office.
  • pour supporter la claustration on pratique l’ébécage.
    On coupe la pointe du bec aux poussins dès la naissance.
    Cela a pour but d’éviter le piquage d’animaux stressés qui ne peuvent satisfaire leur besoin de picorage.
  • pour pondre autant, on augmente artificiellement le potentiel de ponte, déjà accru par la sélection.
    Au menu : alimentation hyper protéinée et éclairage artificiel. Conséquence : l’animal s’épuise beaucoup plus vite, le processus physiologique de ponte est démultiplié. Après une saison de ponte, l’animal est épuisé, sa capacité à pondre chute brusquement. La poule maigre finit en croquettes pour chat ou en nuggets de poulet. :-(
  • un autre aspect plus insidieux : ces races ont perdu la faculté de couver.
    Ces animaux ne peuvent donc plus se reproduire naturellement. S’il n’y avait que ces races-là, il serait impossible d’obtenir des poussins sans incubation artificielle.

2 – Comment sont produites ces poules pondeuses ?
Ces poules hybrides sont les seules disponibles pour les professionnels. Elles proviennent d’accouvoirs géants qui servent à alimenter les élevages industriels mais aussi de nombreux élevages bio ou de plein air. On est alors dans une logique agro-industrielle qui génère trop de non sens.
Les poules sont vaccinées dans l’œuf contre un tas de maladies.
Dans un mode d’élevage plus naturel la vaccination n’est pas justifiée. En effet la poule « non génétiquement sur-sélectionnée » est un animal naturellement rustique qui, si elle a de bonnes conditions de vie, ne tombe guère malade. Le vaccin ne se justifie pas. L’industrie pharmaceutique n’a pas sa place dans un petit élevage fermier.

3 – Y-a-t-il une alternative ?
Dans les races de poules, comme pour les autres animaux et les plantes, on observe aujourd’hui une érosion génétique très grave. Toutes les races locales, sélectionnées depuis des siècles par les paysans pour leur adaptation disparaissent. Pourtant, de la poule sauvage à la noire de Caussade, la sussex marans et toutes les autres, bien du chemin a été parcouru.
Ces poules anciennes sont de bonnes volailles, bien adaptées au mode d’élevage que proposent Patrice et Marion. Élever de la pondeuse hybride serait comme cultiver de la tomate industrielle dans les champs : un non-sens.
Ainsi, sans antibiotiques ni vaccins, avec une alimentation normale, un bec entier, et un accès franc à l’herbe, une poule « ancienne » pondra environ 1/3 d’œufs en moins et mangera quelques grammes de grains en plus par jour.
En échange, elle offrira à sa mort un bon repas et aura vécu une vie de poule, donné des œufs et peut-être des poussins.

Marion a passé un temps infini à chercher des poules qui ne soient pas des hybrides.
Elle a sélectionné la « noire de Caussade ». C’est une très bonne pondeuse, mais elle a quasiment disparu car elle est assez sauvage et ne supporte pas les conditions d’élevage en batterie. De plus ses œufs sont blancs et pas énormes, ce qui n’est pas du goût du consommateur qui préfère les œufs roux. Mais peut-être pourrons-nous nous adapter.
Cette race est en cours de sauvegarde et elle fait partie de notre patrimoine régional. Si les petits agriculteurs et les particuliers ne les élèvent pas, qui le fera ?

4 – L’élevage à la ferme :
60 poules seront achetées cette année. Elles seront installées dans deux poulaillers mobiles munis de clôtures.
Le poulailler sera déplacé régulièrement en fonction des saisons : partie ombragée, non ombragée, changement de lieu pour avoir accès à une alimentation diversifiée : un vrai parcours avec de la vraie herbe, des vers de terre, des insectes.
Les poules seront nourries avec du grain produit sur la ferme.

Élever des poules en plein air signifie aussi davantage de risques d’attaques par des buses, des renards, de chiens errants … C’est là que la vigilance de l’éleveur intervient : enfermer les poules pour la nuit, se munir de clôtures électriques efficaces … et accepter quelques pertes occasionnelles, cela fait partie des contingences de tout élevage fermier.

Les œufs seront ramassés tous les jours. Ils se conservent à température ambiante (tant que les œufs n’ont pas été mis au frais, ils se conservent très bien à température ambiante).

Il n’est pas sûr qu’il y ait des coqs cette année. Le coq a pour intérêt de protéger le poulailler en cas d’attaque et de permettre de renouveler le cheptel. De plus, la poule est un animal qui vit « naturellement » en harem.
Si il y a des coqs, il pourrait y avoir des œufs fécondés. Mais dans ce cas l’embryon ne se développe lorsque la poule couve, ou que l’œuf est mis dans un incubateur. Les œufs fécondés se conservent comme les autres.